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16 juil. 2008

Jérôme Un Google français ? Quelle utopie !

Catherine Barba, François Bourdoncle, Mats Carduner, Pierre Kosciusko-Morizet, Laurent Kott, Cédric Manara et Mark Zaleski nous offrent un joli papier dans Le Monde, sobrement intitulé "Un Google français n'est pas qu'une utopie".

Amateurs de moteurs de recherches, ne vous ruez pas sur ce papier, car il ne traite nullement des moteurs de recherche ou bien même de Google. Ce papier est un papier de politico-entrepreneurs, qui rappellent à juste titre qu'il faut arrêter de bloquer l'innovation en France par peur du changement. Je suis sur ce point tout à fait d'accord avec les auteurs.
Emilie : je me suis ruée dessus, par curiosité... Un texte intéressant en soi dans la mesure où : 1) il fait ressortir l'un des freins majeurs de la France quand il s'agit d'innovation : la peur du changement 2) il souligne la nécessité de ne plus bloquer l'innovation en France. Toutefois, le texte ne dit rien qu'on ne sait déjà.
Mais revenons à Google, aux moteurs de recherche et à la France.

La lecture de cet article m'a fait inévitablement penser à Quaero. Quaékoi ? Nous en avions déjà parlé sommairement à deux reprises en 2006 sur ce même blog. Quaero, vous savez le tour de passe-passe permettant d'offrir des subventions à quelques entreprises triées sur le volet (du copinage) dans le but de faire avancer la recherche européenne dans divers domaines de la recherche d'information, et par la suite de permettre à ces mêmes entreprises de réintégrer tout ça dans leurs propres produits. Bref un consortium permettant de financer une partie des efforts de recherche et développement d'Exalead, Jouve, Synapse, et les autres...

Car si nous faisons aujourd'hui un bilan de Quaero, que pouvons nous constater ? Allez donc voir sur le site : Rien ! Du bla-bla, encore du bla-bla, et puis... rien d'autre.

Tout ça pour dire que j'ai un peu de mal à lire ces belles paroles de François Bourdoncle entre autres sur la nécessité de libérer l'innovation française, alors que ces mêmes donneurs de morale utilisent des fonds publics pour le développement de leur société. Autant de fonds qui auraient été en mesure de lancer de jeunes belles startups françaises.
Emilie : je suis tout à fait d'accord sur ce point. Et ce qui me fait le plus sourire c'est le passage où les auteurs du texte indiquent : "ils (les entrepreneurs) n'ont pas besoin de subventions". Et Quaero alors ? Il faut savoir que ce projet est doté d'un budget global de 199 millions d'euros sur cinq ans !!! C'est une somme impressionnante qui, pour l'instant, n'a pas débouché sur quelque chose de concret. Le projet a fait essentiellement parler de lui par les désaccords entre français et allemands. Vous connaissez l'expression "jeter de l'argent par la fenêtre" ?
Bref, dans un tel contexte, "Un Google français n'est pas qu'une utopie", c'est tout simplement une impossibilité.
Emilie : je ne serais pas aussi stricte... toutefois, je ne suis pas certaine que c'est en lançant des projets à grande échelle comme Quaero que ce sera possible. Prenez l'exemple de Google... il est né à l'université dans les têtes de deux étudiants et a grandi dans un garage.
A lire également sur le même sujet, un très bon article d'Ouriel Ohayon intitulé "Peut-on créer un Google à la Française ? la réponse en vidéo"

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